La coccinelle de Gujan est de retour

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mardi 19 juillet 2016

La coccinelle est - enfin - de retour à Gujan-Mestras. Pas lou barbot, le mystérieux coléoptère soupçonné d'avoir fait mourir le vignoble il y a plus d'un siècle. Mais la bête à bon Dieu, porte-bonheur, dont Louis Bézian, l'ancien maire de la commune, fit l'emblème de Gujan-Mestras, en ornant le maillot des rugbyman d'une coccinelle en 1923, lors d'un match à La Teste-de-Buch dont les habitants moquaient facilement les Barbots

Les Anciens du rugby ont retrouvé le moule d’origine, fabriqué en 1961, et ressuscité le barbot, la coccinelle emblème de leur ville, à visser sur la calandre de la voiture.


Mathieu Mirou, Michel dos Santos et Jacques Chauvet ont ressuscité le barbot

Le vignoble a disparu, mais la coccinelle est restée. Elle est toujours sur les maillots de rugby. 


Les rugbymen arborent un maillot orné d'une coccinelle. © Photo Philippe Taris

Elle s'est aussi posée sur les armes de la commune et décore tout ce qui est gujanais. En 1961, André Mirou, qui tenait un magasin de cycles au centre de Gujan, a même créé un moule pour couler des coccinelles, et les accrocher aux calandres des véhicules.


la coccinelle est devenue l’emblème de Gujan-Mestras

Il fallait notamment peindre la bestiole en rouge, avec 7 points noirs, comme les 7 ports de la commune.

C'est son petit-fils, Mathieu, qui raconte : « Ce sont ses clients qui les voulaient, il en faisait très peu. Quand j'étais petit, je me souviens, on l'aidait ». Il fallait notamment peindre la bestiole en rouge, avec 7 points noirs, comme les 7 ports de la commune.

Retrouvé par hasard

À son départ à la retraite, en 1988, André Mirou a arrêté de les fabriquer. C'est en rangeant l'atelier de son grand-père, l'an dernier, que Mathieu a, par hasard, retrouvé le moule : « Il y avait aussi une vingtaine de coccinelles, prêtes à peindre». « Ce serait bien de les refaire », se sont dit les copains des Sahoutous, le Club des anciens du rugby. Mathieu a même demandé au président, Michel de Santos, de peindre la poignée de coccinelles retrouvées.

Autre Sahoutous, Jacques Chauvet, premier adjoint de Gujan, voulait en offrir une à Olivier Laban, l'ancien président des ostréiculteurs, « pour son anniversaire ». Elles ont vite trouvé preneur : « Tout le monde se jetait dessus ».

Les copains ont alors décidé de relancer la production des coccinelles, à partir du vrai moule, « avec l'accord de la grand-mère de Mathieu ». L'amitié et la fraternité du rugby ont joué à fond.

Serge Morin, patron de CAI (Chaudronnerie, aluminium, inox) à Gujan-Mestras, spécialiste des pinasses en alu, n'avait pas le matériel nécessaire. Il a conseillé une fonderie à Mussidan en Dordogne.

« Un jour, Philippe Bures, qui possède un atelier de microsoudure à Gujan-Mestras, m'appelle, sourit Jacques Chauvet. La fonderie de Mussidan lui avait confié le moule pour le restaurer, sans se rendre compte que la coccinelle revenait à Gujan-Mestras ».

Peintes à la main

La fonderie a réalisé un premier lot de 270 coccinelles que les Sahoutous ont fait peindre par l'atelier protégé Arca Baie de Gujan-Mestras, et l'Esat d'Audenge : « Pas une ne se ressemble ».

Laurent Descos a offert les peintures, gris pour la sous-couche, rouge, noir et un peu de blanc pour les yeux. Un autre Sahoutous, Jean-Michel Pacouret, a fait un don, revenant aux deux tiers des frais de fonderie, payés par le club. « Ressusciter la coccinelle, c'est complètement dans l'esprit de l'association, respecter le maillot, l'emblème, les valeurs du rugby, être fier d'être Barbot. En plus, on a fait plaisir à des anciens», disent les copains.

La nouvelle coccinelle, équipée d'une tige filetée à fixer sur les calandres, a été officiellement présentée fin juin, à la cabane des Sahoutous, sur le port du Canal à Gujan-Mestras. Elle est en vente au club, au prix de 20 euros (1). L'office de tourisme en a aussi demandé.

Les 290 coccinelles pourraient vite être vendues: « On en fera faire d'autres. Le moule est prévu pour 9 000 pièces ».

Mathieu a offert une des premières nouvelles coccinelles à sa grand-mère. (1) 20 euros la coccinelle. Contact : Association Les Sahoutous, tél. 06 87 42 92 85, Courriel : sahoutous@neuf.fr et http://sahoutous.free.fr

Source ; Journal Sud Ouest

Pour la petite histoire ..

Le barbot de la vigne et la coccinelle

La vigne de l'époque avait un ennemi, l’eumolpe de la vigne ; un insecte qui dévore sarments et limbes des feuilles. Pour les gujanais, c’est un « barbot » – lou barbot désigne en effet tous les coléoptères, comme l’eumolpe, mais aussi le hanneton, le charançon… ou la coccinelle. Les gujanais luttèrent donc contre le vilain barbot qui barbotait leurs vignes, notamment en incinérant les vignes infestées de larves. Des processions dans les vignes, menées par le curé, étaient aussi censées attirer la colère divine sur les barbots.

A la suite de ces processions, les voisins de la Teste-de-Buch commencèrent d’appeler les gujanais des « barbots ». Au lieu d’en prendre ombrage, les habitants entérinèrent ce surnom, notamment en prenant un barbot pour emblème lors d’un match de rugby opposant Gujan à la Teste, en 1921. L’équipe de Gujan, ce jour-là, arriva sur le stade de la Teste en arborant fièrement un nouvel écusson, comportant une coccinelle… une sorte de barbot plus joli et sympathique que l’eumolpe de la vigne.

Depuis lors, la coccinelle est devenue l’emblème de Gujan-Mestras, rappelant à la fois cet événement fondateur et une culture patrimoniale qu’on espère voir revivre dans les années qui viennent !


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