Adalbert DEGANNE, père fondateur d’Arcachon

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jeudi 29 décembre 2005

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Adalbert (Alexandre Iphicles) DEGANNE est né en 1817 à Vertus dans la Marne. Il serait venu s’installer en Gironde à la suite d’un chagrin d’amour.

 

L'histoire dit que, d’origine modeste, il serait tombé amoureux à 17 ans d’une jeune fille riche et noble, Marie Clémentine L. de Ch., qu’il aurait « fréquentée » pendant 4 ans. Mais les barrières sociales étaient alors infranchissables et, éconduit en janvier 1839 par les parents de sa « belle » qui lui avaient trouvé un époux « de sa condition », il préféra s’expatrier, hésitant d’abord sur les quais de Bordeaux à s’embarquer pour le « nouveau monde ». Il y renoncera finalement et travaillera à la construction de la ligne de chemin de fer de Bordeaux à La Teste de Buch, l’une des toutes premières au monde (inaugurée en 1841) puis en deviendra le responsable de l’exploitation en 1845, sous la houlette d'Emile PEREIRE, son actionnaire principal.

 

Il avait épousé en 1844 une Testerine, Marie-Anne dite Nelly ROBERT, qui lui a apporté en dot quelques hectares de pins en Arcachon, à l’époque simple quartier de La Teste de Buch, une vaste pinède sur des dunes et au bord du Bassin.

 

C’était le début de la vogue des "bains de mer" et des cures d’air balsamo-océanique et il pressentit qu’il y avait beaucoup d’argent à gagner à vendre ses terrains boisés pour y bâtir des villas au milieu des pins. Mais l es terrains n'étaient alors pas vendables car régis par l’antique régime de la "forêt usagère" (baillette de 1518), toujours existant dans certaines communes du Bassin et fortement contesté. Les "propriétaires" (dits "ayant-pins") ne le sont que de ce qui pousse dessus, pas du sol qui est propriété commune. Pour en sortir il œuvre donc à la partition d’Arcachon de La Teste de Buch, ce qui sera effectif en 1857 par décret de Napoléon III.

 

Il commence par tracer de larges avenues (25 m de large), dont il offre le sol à la Mairie, les actuels boulevard Deganne, boulevard du Général Leclerc (anciennement boulevard d'Haussez), avenue Nelly Deganne, avenue du Général De Gaulle (anciennement avenue du Château). Ca donne de la valeur à ses terrains. De l'argent bien plaçé !

 

Il fait de même avenue Saint Arnaud (à l'ouest de la basilique ND) dont il possède les terrains environnants.

 

Complice d'Emile Péreire, il prévoit le prolongement de la ligne de chemin de fer de La Teste de Buch jusqu'en Arcachon. Deux gares sont prévues : L'une à l'Aiguillon (c'est le poumon économique de la ville avec son activité de pêche) et l'autre au pied de l'église ND, à l'époque centre historique de la commune. Mais ils modifient leurs plans et n'en font contruire qu'une, celle que vous connaissez, entre les terrains d'Emile Péreire (la Ville d'Hiver) et ceux de Deganne autour de son château. Bien joué ! Ca donne de la plus-value à leurs terrains car on peut y accéder facilement.

 

Le Château Deganne : Gagnant bien sa vie à la compagnie de chemin de fer et riche de la dot de sa femme, il avait fait construire en 1853 au bord du Bassin un château, une « folie » comme on disait autrefois.

 

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copie du château de Boursault dans la Marne.

 

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Le château de Boursault a été construit en 1843. C’est là où vit son amour de jeunesse, désormais Comtesse Louis de M-R. Il est le cadeau de mariage de la grand-mère maternelle de Marie Clémentine, bien connue sous le nom de Veuve Cl.. Peut-être voulait-elle lui « faire passer la pilule » de devoir renoncer à son amoureux pour épouser un homme « de haute lignée » mais peut-être moins attirant ... C’était certainement une femme exceptionnelle qui a très bien réussi sa vie (et fait fortune) malgré un veuvage précoce. Elle avait souhaité le « must », l’aristocratie, pour sa fille Clémentine et de même pour sa petite-fille Marie Clémentine.

 

Une question reste en suspend : Est-ce l’architecte du château de Boursault, le sieur Arveuf, qui a vendu les plans à Adalbert Deganne ? Est-ce Marie Clémentine qui les lui a donnés ? Avaient-ils gardé un contact discrêt ? Est-elle un jour venue en Arcachon et a-t-elle vu le château Deganne ? Adalbert a-t-il tout simplement voulu faire « un pied de nez » à la famille de Marie Clémentine ou se venger du destin ou se sentir « important » ? Nous ne le saurons sans doute jamais.

 

En tous cas il ne s’installera pas dans son château, préférant habiter la villa Saint Georges à proximité. Il tentera de l’offrir à l’empereur Napoléon III lors de sa visite en Arcachon en 1859. Celui-ci le refusera poliment, disant, paraît-il, « qu’il lui coûterait sûrement trop cher ».

 

Adalbert DEGANNE a été maire d’Arcachon en 1870/1871 puis de 1876 à 1880 et est mort sans descendance en 1886. Sa dépouille mortelle a été exposée dans son château. C’est la seule fois qu’il y a officiellement dormi, d’un sommeil éternel …

 

Il a été enterré à Vertus dans son caveau familial, au côté de ses ancêtres et de son épouse Nelly, décédée sans descendence en 1872.

 

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SL et JP-ASA


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 Passionnant pour moi de père bordelais, de mère arcachonaise, qui ai passé les meilleures années de mon enfance entre les deux guères mondiales auprès de ma grand-mère à Arcachon et reste toujours attaché à ce pays magnifique et regrette que les hasards de la vie m'en ait éloigné. La famille de ma mère( Béziade), d'origine modeste au 19ième siècle, semble être une des plus anciennes installées à Arcachon au moment de la séparation de cette dernière d'avec La Teste. Mon arrière-grand-père Béziade, né à Biganos, faisant son service militaire à la fin de la Seconde République, avait fait partie du corps expéditionnaire envoyé en Italie par le "Prince-Président'', futur Napoléon III, pour défendre les Etats du Pape contre les combattants pour l'unité italienne. Blessé en défendant Rome et amputé d'un bras, il avait après sa démobilisation, bénéficié d'un "emploi réservé'' à l'octroi d'Arcachon et s'y était installé avec sa famille. Je possède son dossier de pension, sa Médaille Militaire d'époque, sa nomination à l'octroi d'Arcachon.
 
DEJEAN Pepignan

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