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La propreté des eaux du Bassin d'Arcachon

vendredi 5 février 2010
Inévitablement les zones écologiquement sensibles sont menacées par l'afflux de populations, c'est purement mathématique. Les décisions sont alors donc simples à prendre : ou on décide de les sauvegarder et l'on stoppe l'urbanisation en se contentant de ce que l'on a, ou on laisse des portes ouvertes ( ce que nos élus semblent décider à faire ) et on détruit le milieu, à terme. C'est déjà en route : disparition des zostères et envasement de tout le nord-bassin, disparition d'espèces de coquillages (couteaux, mye), modification des effets de chasse naturels avec l'extension des ports de plaisance et le détournement des cours d'eau (voir le cas dramatique à Audenge ! ), prolifération d'espèces végétales nocives ...

En réponse à une réunion sur la qualité des eaux du Bassin d'Arcachon en 2008 ( la CLIS qualité des eaux du Bassin d'Arcachon ), des associations locales de protection de l'environnement, dont je retiens la justesse des analyses et la pertinence des propositions, ont adressé récemment ce courrier à nos RESPONSABLES. Le courage politique est une valeur à laquelle je crois encore, nous allons voir ça ..

P.Ransinan
Bassindarcachon.com

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Lettre du COLLECTIF AQUITAIN CONTRE LES REJETS EN MER ( regroupant 27 associations ) à Monsieur le Sous-Préfet du Bassin d’Arcachon le 28 décembre 2009.

Objet : Qualité des eaux marines du Bassin d’Arcachon.

Monsieur le Sous-Préfet,

Le 25 septembre 2008, avait lieu la réunion de lancement de la Commission Locale d’Information et de Surveillance (CLIS) qualité des eaux du Bassin d’Arcachon, à laquelle le Collectif aquitain contre les rejets en Mer était représenté.

Le 15 juin 2009, nous participions à session locale du Grenelle de la Mer. Depuis lors, nos préoccupations quant à la qualité des eaux du Bassin d’Arcachon demeurent et s’amplifient. Nous vous prions d’en trouver ci-dessous une synthèse non-exhaustive :

Devenir de la CLIS
En septembre 2008, lors de la réunion de lancement de la CLIS qualité des eaux du Bassin d’Arcachon, celle-ci était annoncée comme devant se réunir annuellement.
Néanmoins, en 2009, la CLIS ne s’est pas assemblée. Nous souhaitons vivement que cette Commission dont les enjeux sont essentiels, continue de fonctionner et soit assise sur un arrêté préfectoral assurant sa pérennité.
Nous espérons également que cette CLIS travaillera en interconnexion ponctuelle avec les groupes de suivi du Schéma de Mise en Valeur de la Mer (SMVM) qui se sont réunis ces dernières années sur les thématiques du suivi phytosanitaire, de la réglementation nautique et de l’évolution des pratiques des navigateurs dans le sens du respect de l’Environnement.

Afflux massif de population
Les travaux d’élaboration du Schéma de Cohérence Territoriale 2010 se sont, dès le commencement, délibérément détournés du scénario dit « coup de frein » limitant l’afflux de population à un nombre prévisionnel pourtant déjà inquiétant.
Les propositions aujourd’hui mises en avant par le SYBARVAL sont celles d’un afflux de 70 000 à 150 000 nouveaux habitants permanents –et combien d’excursionnistes et de touristes supplémentaires ?
Il ne fait pourtant pas de doute qu’un afflux massif de population ne pourrait que démultiplier, à tous niveaux, les pollutions des cours d’eau et des milieux marin et océanique.
Ces conséquences prévisibles réclament d’être anticipées et de tendre au plus vite vers une stabilisation des populations du Bassin d’Arcachon et du Val de Leyre, en fixant des chiffres maximum d’accueil de population par commune et par année.
Il est enfin nécessaire d’adjoindre une annexe Mer au SCOT, comme la loi le permet. Le SMVM, s’il demeure une référence, nécessite d’être actualisé.

Les bassins versants
Les bassins versants du Bassin d’Arcachon et de la Leyre, avec leurs nombreux affluents, leurs eaux souterraines, drainent vers la Baie d’Arcachon les nombreuses pollutions issues des terres. Ces cours d’eau, dont la sensibilité et les multiples rôles sont largement méprisés, doivent aujourd’hui être placés au centre des préoccupations, tant pour la vie qui dépend de leurs eaux douces que pour leur fonction d’alimentation de la Baie d’Arcachon et de chasse dans les esteys.
Il est urgent de mener à tous niveau un plus strict contrôle et une formidable réduction des macrodéchets et des pollutions chimiques dans les cours d’eau et les nappes superficielles. Il s’agit de prendre en compte non seulement les polluants dissous mais aussi les polluants figurés (particulaires).
Les analyses des pollutions des cours d’eau devraient être diffusées en toute transparence. Il est essentiel d’en empêcher le curage excessif, lequel supprime la végétation, détruit les niches écologiques et accélère le transfert des pollutions vers le Bassin d’Arcachon.

Zones humides
Les zones humides, en recueillant l’eau des nappes superficielles, concourent à réguler et capter les pollutions par un lagunage naturel. Il est urgent de protéger strictement les dernières zones humides de l’assèchement, de l’urbanisation et d’une artificialisation destructrices.

Fréquentation nautique des étangs, canaux, rivières
Le motonautisme sur les cours d’eau et plans d’eau génère des hydrocarbures, huiles, eaux noires, eaux grises, etc. qui s’ajoutent aux pollutions issues des activités terrestres, souillent les eaux de surface, nuisent à la faune aquatique, semi-aquatique, terrestre, aux stocks d’eau potables et s’écoulent à terme vers la Baie.
Ces pollutions pourraient être réduites par une diminution du stationnement des bateaux et de la navigation motorisée sur les eaux douces.

Fréquentation du plan d’eau du Bassin d’Arcachon
En 2008, le bureau Géomer était chargé d’une étude quantitative de la navigation sur la Baie, suivie, en 2009, d’une approche qualitative et comportementale.
Nos associations sont désireuses d’en connaître le rapport complet, les conclusions et réflexions prospectives.
Nous espérons enfin la poursuite de cette étude jusqu’à l’évaluation des conséquences de la fréquentation sur les divers biotopes marins du Bassin d’Arcachon.

Mercure
L’un des tableaux présentés lors la CLIS du 25 septembre 2008, montrait des taux alarmants de mercure.
Par ailleurs, de récentes analyses ont démontré la présence de mercure dans les poissons du Lac de Cazaux-Sanguinet. Or, le mercure est fortement toxique pour les plantes et pour les mammifères. L’affinité du mercure avec les composés organiques facilite la formation de complexes avec les acides humiques et fulviques des sols et des eaux, ce qui augmente la mobilité dans les eaux du réseau hydrographique. Le mercure s’accumule ensuite tout au long des chaînes alimentaires.
Il est donc de la plus haute importance d’identifier l’origine du mercure détecté et de contrôler la présence de cet élément dans tous les plans d’eau, les eaux douces et les eaux
marines.

Décharges
Les centres d’enfouissement fermés ou en cours de réhabilitation continuent de souiller les eaux de surface et, au-delà, la Baie d’Arcachon. Un suivi durable de ces structures et l’établissement du futur CSDU sur le site le plus sûr sont indispensables.
Nous souhaitons que la CLIS du CET d’Audenge continue de fonctionner.

Pollution aux HAP
Quoique scandaleusement niée par certains élus, la pollution de la Baie d’Arcachon aux Hydrocarbures Aromatiques Polycycliques est une préoccupation majeure, d’autant que l’IFREMER souligne(1) la perspective, à l'horizon proche de 2017, d'interdiction de consommation des coquillages, en raison de la quantité de HAP dans la Baie.
Si les risques pour la consommation humaine des coquillages sont très inquiétants, les conséquences actuelles et futures sur l’ensemble de l’écosystème et des chaînes alimentaires ne sont pas évaluées. Il en va de même pour les pollutions croissantes au cuivre et au plomb. Il est nécessaire d’effectuer cette évaluation et d’en tirer les conséquences pour une urgente protection des biotopes.
Nous sommes aussi dans l’attente des résultats des recherches menées par l’IFREMER et l’Université Bordeaux 1 sur l’origine principale de ces HAP et dans l’espérance des décisions qui en découleront. 
Quant aux clapets supposés récupérer les eaux de lessivage des sols lors des averses, pour les évacuer dans le réseau d’assainissement des eaux usées, tous les collecteurs d'eaux pluviales en sont-ils bien équipés ? L’entretien des bouches de réception et des clapets garantit-il leur constante efficacité ?
Tous les villages sont-ils dotés d’un réseau suffisant de collecte d’eaux pluviales, avec conduites et stations de relevage dans tous les secteurs qui l’exigent ?
Chaque nouvelle extension urbaine, chaque nouvelle route, chaque espace bitumé ou imperméabilisé accroissent les transferts de HAP vers les eaux de surface et vers la Baie.
Il est plus que temps de cesser les développements routiers et l’artificialisation des sols.

(1) Etude IFREMER : Impact potentiel des activités nautiques sur le Bassin d'Arcachon (janvier 2008)

Pollutions aux biocides
Les pollutions aux biocides, qu’elles soient issues des pratiques agricoles, des usages des particuliers dans leurs maisons et jardins, de l’entretien des terrains de sport et des parcs ou du nautisme, réclament une réduction drastique autant qu’urgente.
Le SIBA et certaines villes ont décidé une réduction de l’emploi des phytosanitaires. Pour être pleinement efficace, cette mesure devrait être systématisée.
Quant aux peintures antifoulings, la réglementation locale ne pourrait-elle être adaptée pour interdire ces produits hautement nocifs ?
Dans cette optique, et sans attendre, des équipements de carénage à sec pourraient être installés en plusieurs points du pourtour du Bassin.

Carénage non-maîtrisé
Autour du Bassin, plusieurs aires de stockage et de carénage de bateaux, officielles ou non, fonctionnent sans moyen de rétention adapté, ni stockage des déchets. Les moyens de récupérations sont fréquemment défectueux ; les résidus de peintures antifouling décapées se trouvent à même le sol, sont lessivés et directement évacués vers les eaux marines qu’ils souillent.
Dans l’attente d’une interdiction des peintures antifouling, les aires de carénage devraient être visitées, contrôlées et mises aux normes.

Herbiers
Depuis quelques temps, les zostères de surface comme les plus profondes ont régressé dans la Baie. Les conséquences de cette disparition sont graves pour l’écosystème.
Loin des accusations abusives visant les anatidés (notamment les Bernaches, ce qui fournirait prétexte à rouvrir la chasse de cette espèce protégée) il est temps d’identifier les causes réelles de la régression des herbiers.
Localement, des herbiers de très résistantes spartines ont été « brûlés ».Comment exclure que la dense présence d’herbicides dans la Baie nuise aux herbiers marins ? Notre Collectif attend les résultats des études en cours.

Traitement des vases portuaires
Le clapage, qui restituait naguère au milieu marin les substances toxiques extraites des ports, a heureusement été rejeté. Toutefois, la menace d’un retour à cette pratique demeure et doit être définitivement proscrite pour la sauvegarde des écosystèmes.
De plus, la mise en oeuvre du Schéma Directeur de Traitement des Vases Portuaires (SDTVP) pose question : les vases extraites se trouvent, ici où là (à Gujan, Taussat, etc.) déversées sur les plages ou enfouies. Or, la dissimulation des vases portuaires ne fait pas disparaître les substances toxiques qu’elles contiennent. Les polluants présents dans les boues souillées doivent être stockés de façon sûre, afin de ne pas nuire à l’Environnement.

Ports et zones de mouillage
Dans ce contexte de pollutions, il n’est pas concevable de poursuivre les extensions portuaires et le développement des anneaux de mouillage, sur un plan d’eau déjà à saturation, bordé d’une côte déjà bien trop artificialisée.

Stockage à terre des bateaux
Le stockage à terre des bateaux apparaît désormais comme une nécessité incontournable, surtout dans le cas, fréquent, de bateaux ne sortant que quelques semaines, voire quelques jours par an. Néanmoins, de telles zones de stockage ne sont pas à envisager sur les très rares espaces naturels subsistant aux rivages de la Baie.

Alternatives au motonautisme
Face aux diverses atteintes aux biotopes générées par le motonautisme, pourquoi ne pas mettre en place une vision environnementale de la plaisance, fondée sur la navigation à l’aviron, à la voile, sur le développement d’une flottille de bateaux électriques, sur le louage et le partage de bateaux moins polluants?
Les alternatives à la navigation motorisée sont d’ailleurs évoquées dans le Schéma de Mise en Valeur de la Mer (SMVM).

Effluents de la SMURFITKAPPA
Les rapports présentés lors de la CLIS 2008 affirment que le bassin de rétention Saugnac a comme seul exutoire la station d’épuration. Toutefois, le défaut général d’entretien de digues, constaté lors d‘une inspection menées par la DRIRE et la DAFF le 11 août 2008, et la proximité du ruisseau de l’Eyga, nous font craindre des pollutions occasionnelles de ce précieux cours d’eau.
Il est important d’étudier les effets des composés d’aluminium particulaires qui servent dans le process de fabrication du papier et dans les effluents des stations d’épuration.

Nous n’avons, à ce jour, reçu aucune information sur l’étude des rejets du Wharf de la Salie confiée en 2008 au Laboratoire de physico-toxicochimie des systèmes naturels de l’Université de Bordeaux 1. Le SIBA a pourtant reçu de l’Université, fin 2008, cette étude financée par le SIBA et la SMURFIT-KAPPA. Notre Collectif souhaite en connaître le contenu.

D’autre part, le site industriel bénéficie de seuils et de mesures dérogatoires qui lui permettent encore, malgré les progrès déjà effectués, d’inquiétantes émissions polluantes. Nous espérons vivement en une réduction de ces pollutions.

Effluents du wharf de La Salie
Si le wharf présente un progrès indéniable, permettant de rejeter les effluents urbains et industriels hors du Bassin d’Arcachon, il évacue ces effluents dans l’Océan, aux portes mêmes du Bassin.
Or, les modélisations illustrent la dispersion des effluents jusqu’à Arguin et, en fonction du marnage et des conditions de mer, avec certes une dilution plus importante, vers l’intérieur même du Bassin.
L’emploi récent du polychlorure d’aluminium, encore appelé polychlorure basique d’aluminium (PCBA) utilisé par le SIBA et la SMURFIT-KAPPA pour remplacer le chlorure ferrique afin d’améliorer le procédé de floculation dans le traitement des eaux usées pour ses propriétés coagulantes et floculantes élevées doit faire également l’objet d’une étude d’impact.
La solution de l’évacuation vers l’Océan n’étant pas durablement acceptable, il est nécessaire de conduire les études sur les possibilités de lagunage et d’infiltration d’eaux dépolluées, et ce avant que les stations d’épuration de Biganos et La Teste deviennent obsolètes.

Epandages de MIATE
Divers projets d’épandages de Matières d’Intérêt Agronomique issues du Traitement des Eaux urbaines et industrielles (MIATE) apparaissent. Selon la qualité des MIATE -et des projets- est programmé, en même temps que les éléments nutritifs, l’épandage de diverses substances polluantes, notamment HAP, PCB et métaux lourds.
On note une constante : dans les dossiers, le réseau hydrographique est minimisé, voire nié. Il est essentiel de le prendre en considération et de revoir tous les plans d’épandages en mettant en oeuvre des dispositifs expérimentaux pour quantifier le transit des polluants dans les relations nappes-crastes.
Les épandages nocifs doivent être refusés, les boues polluées stockées dans le futur CSDU et les cours d’eau (« fossés », crastes, ruisseaux…) protégés par des distances de sécurité suffisantes.

Nécessité d’inventaires flore-faune
Etonnamment, certains élus du Syndicat Intercommunal du Bassin d’Arcachon (SIBA) viennent de s’opposer à ce que le SIBA réponde à l’appel d’offres pour la réalisation d’inventaires biologiques dans le Bassin d’Arcachon (2).
Pourtant, en plus du besoin incontournable de ces études pour la réalisation du Document d’Objectifs Natura 2000 Mer et dans la perspective d’un éventuel Parc Naturel Marin, la biodiversité marine est un outil efficace de mesure de la qualité des biotopes, et de l’impact des activités humaines sur ces mêmes biotopes.
L’actuel constat de la régression jusqu’à quasi-disparition des couteaux et de bien d’autres espèces marines est un signe alarmant.
Il est donc urgent que les inventaires programmés aient lieu, et soient reconduits à intervalles réguliers pour évaluer les dégradations des écosystèmes marins ou, espéronsle, leur prochaine restauration.

L’ostréiculture : indicateur de la qualité des eaux marines
Il est indispensable de soutenir et préserver l'ostréiculture locale, dont l'huître née, élevée et vendue localement, réclame une eau saine pour la production conchylicole et la vente directe.

Demeurant à votre disposition pour évoquer plus avant ces sujets, nous vous prions, Monsieur le Sous-Préfet, de croire en l’expression de notre très haute considération.

Pour la Coordination du Collectif, Françoise Branger

Copie : Monsieur le Président du SIBA
Monsieur le Président du Conseil Général de la Gironde
Monsieur le Directeur de l’IFREMER, station d’Arcachon
Monsieur le Directeur de la DIREN Aquitaine

Les coordinateurs du Collectif aquitain contre les rejets en Mer :
Françoise Branger, Bassin d’Arcachon Ecologie –Bassin d’Arcachon Sud
Jean Mazodier, Coordination Environnement Bassin d’Arcachon –Bassin d’Arcachon Nord
Jean-Marc Vigneaux, Bisca Surf Club –Landes
Olivier Barrière, Surfrider Foundation Europe –Pays Basque
2 Session SIBA du 17 décembre 2009

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