Les croix de sauveté

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samedi 1 avril 2006

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Lorsque les landes de Gascogne n’étaient encore que des landes nues, elles étaient passablement inhospitalières. Outre le sable dans lequel les chariots, « kas » à 4 roues ou « bros » à 2 roues, tirés par une paire de bœufs ou de mules, avaient bien du mal à circuler en saison sèche, les marécages où ils s’embourbaient l’hiver, les moustiques qui agressaient les voyageurs en été et leur transmettaient toutes sortes de maladies, les bandes de loups qui attaquaient toute proie potentielle, elles étaient infestées de bandits de grands chemins, en général de pauvres hères sans travail détroussant les voyageurs pour survivre dans ce pays si pauvre.

 

De ci de là, quelques havres étaient des refuges pour ceux qui traversaient le pays. C’étaient en général des couvents, des ermitages accueillant des religieux à la recherche de solitude propice à leur réflexion spirituelle. Ils étaient bien servis ! On savait pouvoir y trouver la sécurité, le gîte et le couvert. Les moines qui vous y accueillaient étaient respectés par les voyous.

 

Pour indiquer ces lieux hospitaliers, ces « sauvetés », des croix de pierre érigées au sommet d’une colonne sur un piédestal en « garluche » sur la dune la plus haute des environs étaient visibles de très loin. Elles servaient de repère aux voyageurs qui se dirigeaient de l’une à l’autre à travers la lande, des Pyrénées jusqu’à Bordeaux. Elles étaient distantes en moyenne d’une dizaine de kilomètres, la distance que l’on pouvait parcourir en une seule journée …

 

Rares sont celles qui ont résisté au temps. Au moins une, tout près d’ici, isolée maintenant dans une petite clairière de notre grande forêt de pins girondine. La sauveté qu’elle indiquait conserve aujourd’hui ses aspects moyenâgeux : La tour médiévale agrandie en église et le mur d’enceinte en garluche. Ce lieu magique a vu passer Charlemagne de retour de Roncevaux, transportant dans ses bagages les corps de Roland, de son ami Olivier, de l’évêque Turpin et de Saint Clair, martyr landais décapité par des « infidèles », récupéré en chemin. Il y a fait enterrer 3 ou 4 de ses soldats morts sur place, sans doute des fièvres contractées dans cette région insalubre (il n’y a eu aucun survivant à la bataille de Roncevaux - 15 août 778 - tous massacrés et enterrés sur place). Le ruisseau qui coule à ses pieds s’appelle localement « le ruisseau des 10.000 », souvenir de l’armée de Charlemagne qui y étancha sa soif en cette lointaine fin d’août 778. La source qui coule à deux pas 365 jours par an, même en période de grande sécheresse, venant d’on ne sait où, s’appelle la fontaine Saint Clair. Elle est toujours vénérée pour ses vertus supposées sur les maladies des yeux.

 

La très célèbre Aliénor d’Aquitaine (1122-1204), descendante directe de Guillaume-le-Conquérant et mère, entre autres, de Richard-cœur-de-lion et de Jean-sans-terre, y venait « en voisine » s’y recueillir. Son père Guillaume IX dit « le troubadour » est parti de là « en croisade » et n’y est jamais revenu, mort en chemin.

 

Notre pays autrefois si pauvre est si riche de son passé ! Il faut savoir le découvrir.

 

SL


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